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<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"><title>erwhann@localhost</title><link href="https://erwhann-rouge.frama.io/" rel="alternate"></link><link href="https://erwhann-rouge.frama.io/feeds/all.atom.xml" rel="self"></link><id>https://erwhann-rouge.frama.io/</id><updated>2017-08-21T11:46:00-01:00</updated><entry><title>Petit tour d'horizon du kotava</title><link href="https://erwhann-rouge.frama.io/tour-horizon-kotava-1.html" rel="alternate"></link><published>2017-08-21T11:46:00-01:00</published><updated>2017-08-21T11:46:00-01:00</updated><author><name>Guilhem MAS-PAITRAULT</name></author><id>tag:erwhann-rouge.frama.io,2017-08-21:/tour-horizon-kotava-1.html</id><summary type="html">&lt;p class="first last"&gt;Pourquoi apprendre le Kotava&lt;/p&gt;
</summary><content type="html">&lt;p&gt;Va kottan kiavá !&lt;/p&gt;
&lt;p id="souvenez"&gt;Depuis bientôt un an, je pratique une langue étrange (et non étrangère)
appelée le kotava : &lt;em&gt;« un projet humaniste et universel, utopique et
réaliste »&lt;/em&gt; (dixit le &lt;a class="reference external" href="http://www.kotava.org/index.php"&gt;site officiel&lt;/a&gt;). Le
choix du kotava est le résultat d’une recherche plutôt complexe qui fera
peut-être l’objet d’explications. Mais pour résumer, je cherchais une langue :&lt;/p&gt;
&lt;ul class="simple"&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Construite&lt;/strong&gt; (aussi appelée conlang),&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ayant pour vocation de devenir &lt;strong&gt;une langue auxiliaire de communication&lt;/strong&gt;
(auxlang) internationale et non une langue artistique comme l’elfique ou le
klingon,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Culturellement neutre&lt;/strong&gt;, qui ne soit le véhicule d’une quelconque culture
ou sous-culture, quelle que soit l’origine de cette culture (occidentale,
asiatique, africaine…),&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Avec un &lt;strong&gt;vocabulaire totalement à priori&lt;/strong&gt;, c’est-à-dire ne s’inspirant du
vocabulaire d’aucune langue existante.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Après pas mal de recherches j’ai arrêté mon choix sur le kotava.&lt;/p&gt;
&lt;div class="section" id="la-gram-merveille-du-kotava"&gt;
&lt;h2&gt;La gram-merveille du kotava&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J’aime la grammaire du kotava. Je trouve que c’est un petit bijou, bien ciselé
et magnifiquement serti. Je suis certes un peu dithyrambique quand j’en parle,
mais entre autres choses, elle est…&lt;/p&gt;
&lt;div class="section" id="est-parfaitement-reguliere"&gt;
&lt;h3&gt;… est parfaitement régulière&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une fois qu’une règle est maitrisée, il n’y a aucune exception. Pas
d’aberrations issues de l’agrégation de règles informelles comme pour les
langues naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un trait courant chez les langues construites. Pour la plupart, leur
grammaire est le fruit d’une réflexion globale, le kotava n’est pas différent.
Quoi qu’il en soit, la régularité d’une grammaire dénuée d’exceptions…
diantre ! Que c’est agréable !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="evolue"&gt;
&lt;h3&gt;… évolue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une langue vivante est en constante évolution. Certains usages apparaissent,
certains choix grammaticaux se révèlent parfois peu judicieux, et deviennent
inusités, de nouvelles expressions idiomatiques naissent. Il est important de
conserver une possibilité d’évolution à la grammaire et au vocabulaire d’une
langue (sauf dans certains cas particuliers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est le cas avec le kotava. Sa grammaire fait régulièrement l’objet de
propositions d’évolution. Certaines modifient profondément la langue, comme
en 2011, où le choix d’abandonner la lettre « h » fut validé &lt;a class="footnote-reference" href="#evol" id="id1"&gt;[1]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="dispose-dun-vrai-neutre"&gt;
&lt;h3&gt;… dispose d’un vrai neutre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C’est un aspect du français qui m’a toujours dérangé. Pourquoi dit-on « un
ouragan » et « une tempête » ? Ça n’a aucun sens ! Et cette règle du
« masculin qui l’emporte sur le féminin en genre et en nombre » qui est à la
fois d’un sexisme arbitraire et d’une injustice complète.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petite digression ici : Il y aurait beaucoup à dire sur l’importance du neutre
dans une langue, sur Sapir-Whorf &lt;a class="footnote-reference" href="#sp" id="id2"&gt;[2]&lt;/a&gt;, sur le fait que le langage
conditionne notre pensée &lt;a class="footnote-reference" href="#novlangue" id="id3"&gt;[3]&lt;/a&gt; et sur les hacks du français pour
permettre un neutre. Mais ce n’est pas le sujet. J’en parlerai peut-être dans
un autre article, mais soyons clair, c’est une promesse de gascon. En attendant
le neutre est pour moi une importante fonctionnalité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de la digression, parce qu’en kotava il existe un véritable neutre. Mieux,
le neutre est le mode d’expression par défaut. Le genre n’étant qu’une
information supplémentaire (peu employée ou souvent inutile), exprimée au moyen
de deux suffixes : &lt;em&gt;-ya&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;-ye&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ex : &lt;em&gt;yasoc&lt;/em&gt; (enfant, au sens de descendant de quelqu’un) donne &lt;em&gt;yasocya&lt;/em&gt;
(fille) et &lt;em&gt;yasocye&lt;/em&gt; (fils).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en plus de ne pas être sexiste, le kotava affirme implicitement autre
chose en normalisant le neutre : peu importe le sexe (qu’il soit génétique,
physique ou perçu), notre interlocuteur et nous même sommes humains avant tout.
« Un projet humaniste et universel, utopique et réaliste », vous vous
&lt;a class="reference internal" href="#souvenez"&gt;souvenez&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="est-extremement-riche-et-expressive"&gt;
&lt;h3&gt;… est extrêmement riche et expressive&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est possible en kotava d’agglutiner des préfixes et des suffixes aux racines
de base du lexique pour créer de nouveaux mots et élargir ainsi énormément le
dictionnaire de base du kotava.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement cela contribue aussi à rendre la grammaire beaucoup plus
complexe à maîtriser. De plus lorsqu’on débute il est très difficile de
déterminer la racine d’un mot composé de plusieurs éléments. Il n’y a que la
pratique et la lecture de textes en kotava qui permettent progressivement de
repérer ces ajouts plus facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux exemples que je trouve les plus expressifs sont le système des
affixes &lt;a class="footnote-reference" href="#aff" id="id4"&gt;[4]&lt;/a&gt; et celui de la conjugaison &lt;a class="footnote-reference" href="#conj" id="id5"&gt;[5]&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;p class="first"&gt;Les affixes peuvent transformer un mot en verbe ou adjectif, mais aussi
ajouter de l’emphase ou une connotation péjorative par exemple. Ils permettent
aussi de construire de nouveaux mots à partir d’une racine. Ex :&lt;/p&gt;
&lt;pre class="literal-block"&gt;
aal (arbre) + xo (lieu ou l’on trouve …) = aalxo (forêt)
egeba (essence) + ak (contenant) = egebak (jerrican)
&lt;/pre&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;p class="first"&gt;La conjugaison peut exprimer simplement par l’ajout d’une modalité de
nombreuse subtilités parfois complexes à exprimer en français comme le
jugement personnel de l’énonciateur (c’est bien/c’est mal), la nature
de l’information (témoignage direct/racontars), et bien plus encore.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La première fois que j’ai terminé la lecture de la grammaire j’ai été
émerveillé par toute cette richesse. En kotava on est en mesure d’exprimer bien
plus de subtilités qu’en français, et ce sans avoir recours à des périphrases
complexes. Résultat, une phrase simple en kotava peut être porteuse de plus de
sens que son équivalent français.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’autre effet bénéfique de cette richesse est qu’assez rapidement on éprouve
la satisfaction d’être parvenu à mieux s’exprimer et ce, de façon plus précise.
Le kotava permet ainsi de moins dénaturer sa pensée lors de sa transformation
en discours qu’il soit parlé ou écrit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="est-peu-ambigue"&gt;
&lt;h3&gt;… est peu ambigüe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J’ai déjà un peu parlé de l’ambiguïté, mais je vais remettre le couvert. Le
kotava est conçu pour être une langue dénuée d’ambiguïtés. Je ne sais pas s’il
parvient à remplir totalement son objectif. Je ne suis pas assez compétent pour
trancher, mais une chose est sûre, le kotava en élimine un certain nombre
présentes en français.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner un exemple, les compléments d’objet sont systématiquement
introduits par une préposition (en l’occurence &lt;em&gt;va&lt;/em&gt; pour le premier
complément d’objet, &lt;em&gt;gu&lt;/em&gt; pour le second). Il n’y a pas de complément d’objet
direct. Cela peut sembler un peu lourd, mais examinons la phrase suivante que
vous avez probablement entendue dans votre enfance :&lt;/p&gt;
&lt;pre class="literal-block"&gt;
Nous allons manger les enfants !
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;À moins d’être dans un conte de Grimm, il est peu probable que « les enfants »
soient ici le complément d’objet de la phrase et que les bambins soient au menu
du jour. Mais il existe une probabilité non nulle que ce soit le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En kotava, le complément d’objet est introduit par &lt;em&gt;va&lt;/em&gt; mais il est aussi
très souvent antéposé. On aurait donc la phrase suivante :&lt;/p&gt;
&lt;pre class="literal-block"&gt;
Va les enfants nous allons manger !
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Là aucun doute, ce soir, c’est grillade de chérubin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="le-vocabulaire"&gt;
&lt;h2&gt;Le vocabulaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le vocabulaire du kotava est étrange. Mais l’avantage, c’est qu’il est
équitablement étrange qu’elle que soit l’origine de l’apprenant. En effet il
est « totalement » à priori, c’est-à-dire qu’il ne puise dans aucune des
langues existantes à l’heure actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai mis &lt;em&gt;totalement&lt;/em&gt; entre guillemets car mes compétences en langues me
permettent de n’identifier aucun emprunt dans une des langues que je
connais. Mais 4… sur les 7000 langues identifiées à ce jour &lt;a class="footnote-reference" href="#langues" id="id6"&gt;[6]&lt;/a&gt;, ça
laisse des possibilités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir au vocabulaire, cela lui confère quelques avantages au prix
d’un gros inconvénient :&lt;/p&gt;
&lt;ul class="simple"&gt;
&lt;li&gt;Il est cohérent, les mots semblent issus d’une même langue, aucun ne parait
déplacé à l’oreille,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Il n’y a pas de faux-amis,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Il est malheureusement dur à apprendre. Mais avec une la pratique régulière
(venez nous rejoindre sur le forum ;-) ), on arrive à mémoriser les mots les
plus fréquemment employés assez rapidement.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="la-difficulte"&gt;
&lt;h2&gt;La difficulté&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apprendre le kotava est je trouve assez difficile. Mais c’est un exercice qui,
à mon humble avis, en vaut la peine. Malheureusement, le &lt;a class="reference external" href="http://www.kotava.org/fr/fr_tavera.php"&gt;cours&lt;/a&gt; de kotava disponible sur le site
officiel et &lt;a class="reference external" href="https://fr.wikiversity.org/wiki/Kotava/Grammaire"&gt;celui&lt;/a&gt; de la
Wikiversité (les deux cours sont identiques) n’est toujours pas terminé. Il
faut donc s’en remettre ensuite à la &lt;a class="reference external" href="http://www.kotava.org/fr/fr_pulviropa.php"&gt;grammaire officielle&lt;/a&gt; et persévérer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement que le &lt;a class="reference external" href="http://www.kotava.org/phpBB3/index.php"&gt;forum&lt;/a&gt; est assez
actif et les kotavusik (littéralement celui/ceux qui pratique–nt le kotava)
sont très sympathiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part je suis présent sur les réseaux sociaux &lt;a class="reference external" href="https://framasphere.org/people/ce463a7067ad0132788d2a0000053625"&gt;Diaspora*&lt;/a&gt; et
&lt;a class="reference external" href="https://mastodon.xyz/&amp;#64;Erwhann"&gt;Mastodon&lt;/a&gt; en plus du forum. Je serais ravi de
pouvoir converser un jour avec vous en kotava.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il existe une communauté sur Facebook, mais comme je suis allergique aux
GAFAMs j’ai tendance à éviter de m’y rendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va kottan doné !&lt;/p&gt;
&lt;table class="docutils footnote" frame="void" id="evol" rules="none"&gt;
&lt;colgroup&gt;&lt;col class="label" /&gt;&lt;col /&gt;&lt;/colgroup&gt;
&lt;tbody valign="top"&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="label"&gt;&lt;a class="fn-backref" href="#id1"&gt;[1]&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Compte rendu simplifié du 7ème comité linguistique du kotava :
&lt;a class="reference external" href="http://www.kotava.org/fr/fr_avaneda_06-03-2011_munesteks.pdf"&gt;http://www.kotava.org/fr/fr_avaneda_06-03-2011_munesteks.pdf&lt;/a&gt; et liste des
comptes rendus : &lt;a class="reference external" href="http://www.kotava.org/fr/fr_telizeem.php"&gt;http://www.kotava.org/fr/fr_telizeem.php&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table class="docutils footnote" frame="void" id="sp" rules="none"&gt;
&lt;colgroup&gt;&lt;col class="label" /&gt;&lt;col /&gt;&lt;/colgroup&gt;
&lt;tbody valign="top"&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="label"&gt;&lt;a class="fn-backref" href="#id2"&gt;[2]&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Wikipédia – L'hypothèse de Sapir-Whorf :
&lt;a class="reference external" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypoth%C3%A8se_de_Sapir-Whorf"&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypoth%C3%A8se_de_Sapir-Whorf&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table class="docutils footnote" frame="void" id="novlangue" rules="none"&gt;
&lt;colgroup&gt;&lt;col class="label" /&gt;&lt;col /&gt;&lt;/colgroup&gt;
&lt;tbody valign="top"&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="label"&gt;&lt;a class="fn-backref" href="#id3"&gt;[3]&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Wikipédia – La novlangue :
&lt;a class="reference external" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Novlangue"&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Novlangue&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table class="docutils footnote" frame="void" id="aff" rules="none"&gt;
&lt;colgroup&gt;&lt;col class="label" /&gt;&lt;col /&gt;&lt;/colgroup&gt;
&lt;tbody valign="top"&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="label"&gt;&lt;a class="fn-backref" href="#id4"&gt;[4]&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Grammaire du kotava – les affixes :
&lt;a class="reference external" href="http://www.kotava.org/fr/fr_pulviropa_310.pdf"&gt;http://www.kotava.org/fr/fr_pulviropa_310.pdf&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table class="docutils footnote" frame="void" id="conj" rules="none"&gt;
&lt;colgroup&gt;&lt;col class="label" /&gt;&lt;col /&gt;&lt;/colgroup&gt;
&lt;tbody valign="top"&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="label"&gt;&lt;a class="fn-backref" href="#id5"&gt;[5]&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Grammaire du kotava – la conjugaison :
&lt;a class="reference external" href="http://www.kotava.org/fr/fr_pulviropa_303.pdf"&gt;http://www.kotava.org/fr/fr_pulviropa_303.pdf&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;table class="docutils footnote" frame="void" id="langues" rules="none"&gt;
&lt;colgroup&gt;&lt;col class="label" /&gt;&lt;col /&gt;&lt;/colgroup&gt;
&lt;tbody valign="top"&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="label"&gt;&lt;a class="fn-backref" href="#id6"&gt;[6]&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Wikipédia – Liste des langues :
&lt;a class="reference external" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_langues_par_nombre_de_locuteurs_natifs"&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_langues_par_nombre_de_locuteurs_natifs&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;/div&gt;
</content><category term="pensées"></category><category term="kotava"></category><category term="conlangs"></category></entry><entry><title>L'Oeil de Verre</title><link href="https://erwhann-rouge.frama.io/oeil-de-verre.html" rel="alternate"></link><published>2017-01-25T15:04:00-01:00</published><updated>2017-03-20T10:53:00-01:00</updated><author><name>Marion GIRARD</name></author><id>tag:erwhann-rouge.frama.io,2017-01-25:/oeil-de-verre.html</id><summary type="html">&lt;p class="first last"&gt;Une nouvelle inspirée par Lovecraft&lt;/p&gt;
</summary><content type="html">&lt;p&gt;Par Marion Girard et Guilhem Mas-Paitrault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Copyleft: cette oeuvre est libre, vous pouvez la copier, la diffuser et la modifier selon les termes de la Licence Art Libre &lt;a class="reference external" href="http://artlibre.org"&gt;http://artlibre.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class="section" id="novembre-2012-12h02"&gt;
&lt;h2&gt;11 novembre 2012, 12h02&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela fait plusieurs jours que mon ami, le professeur Emmet Braun, a disparu.
La police n'a toujours aucune piste mais continue de croire à l'une de ses fantaisies. C'est malheureusement une thèse de moins en moins probable. La date de la conférence sur les populations primitives de Thaïlande, que nous devons présenter, est désormais très proche. Emmet ne m'aurait jamais laissé tomber comme ça. C'est d'autant plus étrange qu'il semblait très enthousiaste et parlait d'une importante découverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aime pas ça...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="novembre-2012-12h00"&gt;
&lt;h2&gt;20 novembre 2012, 12h00&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je viens de recevoir une lettre surprenante...
Elle n'est pas signée. Pourtant, il s'agit indubitablement de l'écriture d'Emmet. Elle est accompagnée d'une gravure récente. Il s'agit d'un dessin troublant de réalisme de Kolacathan, un dieu sangsue très ancien. La lettre, qui semble avoir été écrite  par un fou, fait mention à plusieurs reprises de l'Oeil de Verre, un joyau mythique censé se trouver dans le grand temple perdu de Kolacathan. Elle a été postée dans une ville en bordure de la jungle, au Nord du pays.
Après l'avoir lue et relue, je pense qu'Emmet a trouvé le temple et m'en a indiqué les coordonnées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pars demain pour la Thaïlande.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="novembre-2012-12h05"&gt;
&lt;h2&gt;22 novembre 2012, 12h05&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le vol fut agréable, malgré une escale un peu longue au Caire. Cela m'a laissé le temps d'étudier plus précisément les cartes de la rivière Nompok. Le temple semblerait se situer au creux du coude qu'elle forme, une cinquantaine de kilomètres en amont du village de Nomchao. Mes contacts ont eu du mal à me trouver un guide. Pourtant, rares sont ceux qui refuseraient quelques bons dollars américains dans cette partie du pays. Ils se cachent derrière des excuses et parlent de superstitions locales tenaces. Mon guide, Liam, vient d'une autre région, mais il connaît bien la jungle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cerise sur le gâteau, il parle anglais !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="novembre-2012-12h03"&gt;
&lt;h2&gt;27 novembre 2012, 12h03&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La peste soit de ces paysans arriérés !
Rassembler le matériel nécessaire à l'expédition fut une véritable sinécure. Ils ont d'abord refusé de nous vendre le matériel. Lorsque nous l'avons fait venir de Bangkok, ils ont tenté de le dérober. Et hier, trois d'entre eux ont tenté d'agresser Liam. Ce dernier étant ceinture noire de Viet vo dao, ses agresseurs sont désormais plâtrés et à l'hôpital. Plus personne ne nous adresse la parole, et les gens fuient sur notre passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute façon, nous partons demain...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="id1"&gt;
&lt;h2&gt;30 novembre 2012, 12h00&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je n'aurais jamais cru que cela nous prendrait autant de temps. L'eau de la rivière est incroyablement dense et boueuse, quant au courant, il est d'une force surprenante. Remonter les cinquante kilomètres jusqu'au coude fut particulièrement pénible. Malgré les talents de Liam pour éviter les troncs d'arbres flottants, l'embarcation a été heurtée à de nombreuses reprises. Nous avons perdu le sac contenant les rations lyophilisées. Il nous reste toute la nourriture traditionnelle mais elle est plus périssable... Liam m'assure qu'il sait parfaitement chasser mais l'idée qu'il me laisse seul dans cette jungle le temps de ramener du gibier ne m'enchante guère.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si il n'en revenait pas...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="decembre-2012-12h15"&gt;
&lt;h2&gt;3 décembre 2012, 12h15&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette jungle est un véritable enfer, et j'en ai connu (des jungles) !
Le taux d'humidité est nettement supérieur à la moyenne du pays. On se noierait presque en respirant. La végétation est si dense que nous sommes obligés de nous éclairer en pleine journée. Le sentier que nous suivons semble se diriger à l'endroit indiqué dans la lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmet, j'espère vraiment que tu ne m'as pas fait venir pour rien...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="decembre-2012-12h23"&gt;
&lt;h2&gt;4 décembre 2012, 12h23&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes arrivés à l'endroit que je suppose être celui indiqué par Emmet. Mais il n'y a rien d'autre qu'un lac. Liam y a attrapé un poisson-chat d'une quinzaine de kilos ! Il est en train de le préparer afin de reconstituer nos stocks de nourriture. Pour ma part, j'utilise le set d'épuration d'eau pour rendre potable l'eau du lac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune trace d'Emmet, aucune trace d'un temple ancien...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="decembre-2012-20h00"&gt;
&lt;h2&gt;7 décembre 2012, 20h00&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Liam et moi avons de plus en plus de mal à dormir. Nous nous réveillons fréquemment en hurlant après de terribles cauchemars. L'exploration des alentours n'a strictement rien donné mais je pense deviner où se situe l'entrée du temple... Cette nuit, j'ai rêvé d'une grotte au fond du lac. Par chance, une partie du matériel va pouvoir être converti en équipement de plongée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liam me croit fou, mais demain je plongerai dans la matinée...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="id2"&gt;
&lt;h2&gt;8 décembre 2012, 12h15&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ah ! Je le savais ! L'entrée se trouve dans une grotte reliée au lac par un boyau sous-marin.
Liam a commencé une série de plongées pour y transporter notre matériel. J'ai enfin trouvé une trace d'Emmet ! Sur le parvis du temple se trouvait un paquet de cigarettes vide de sa marque fétiche. Je l'ai découvert en examinant les gravures étranges qui ornaient les piliers encadrant la porte. J'ai du mal à en déterminer l'origine mais elles sont manifestement très anciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demain, je commencerai l'exploration du temple...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="decembre-2012-12h10"&gt;
&lt;h2&gt;10 décembre 2012, 12h10&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A ma montre, cela fait maintenant deux jours que je cartographie l'intérieur du temple, toujours à la recherche d'Emmet. J'ai néanmoins pu remarquer des traces de son passage. Certains bas-reliefs ont été dépoussiérés et j'ai également trouvé quelques-unes de ses notes froissées et abandonnées dans le coin d'une pièce. L'excitation de la découverte étant désormais retombée, je me sens mal à l'aise en ces lieux...
J'ai constamment la désagréable impression d'être observé et mes cauchemars commencent à me rendre fou, le manque de sommeil n'aidant en rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au silence du temple, il me donne la sensation d'avoir profané une tombe ou un sanctuaire...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="decembre-2012-12h08"&gt;
&lt;h2&gt;11 décembre 2012, 12h08&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La nuit a de nouveau été courte, nos rêves envahis par des créatures cauchemardesques. Un cri strident nous a tiré hors de notre sommeil agité mais nous n'avons trouvé personne. Il était terrifiant. Au pied d'un autel, j'ai trouvé de nouveaux feuillets écrits de la main d'Emmet. Ils parlent d'ombres vivantes et autres fadaises. D'après ses notes, son guide a été happé par l'une d'elles. Il les appelle Sherasams, les légendaires gardiens du temple de Kolacathan. C'est insensé ! Il y a néanmoins une présence dans ce temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liam et moi restons groupés dans nos explorations...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="decembre-2012-19h05"&gt;
&lt;h2&gt;15 décembre 2012, 19h05&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je me suis installé dans la salle de l'autel. Liam a préféré rester à l'entrée, c'est mieux ainsi.
Je crois qu'il complote contre moi. Je l'ai vu dans mes rêves à la tête de créatures hideuses tentant de me tuer alors que je place l'Oeil de Verre sur la statue de Kolacathan. Et mes rêves ont une étrange tendance à se réaliser ces derniers temps. C'est en me laissant guider par l'un d'entre eux que j'ai découvert les deux statuettes. Elles représentent le dieu sangsue avec son œil unique et ses ailes membraneuses en train de dévorer le soleil pour apporter la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On me regarde quand je dors, mais Il veille sur moi...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="decembre-2012-23h53"&gt;
&lt;h2&gt;17 décembre 2012, 23h53&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ca y est ! J'en suis certain, Liam m'en veut! J'ai aperçu un de ces monstres dans l'ombre. Je l'aurais probablement raté, mais je me suis souvenu avoir aperçu en rêve un danger, rodant dans cette partie du temple. Quelle horreur ! Il ressemblait à un mammifère aux membres très longs avec des griffes terribles et des crocs démesurés. Il avait quatre yeux rougeoyant, sans pupilles. Lorsqu'il s'est rendu compte que je l'avais détecté, il s'est enfui sans un bruit, de longs tentacules ondulant à l'arrière de son crâne. Je n'ai pu retenir un hurlement. La seconde d'après, Liam arrivait tout sourire pour me demander ce qu'il m'arrivait. Le fourbe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que je ne vais plus dormir, c'est trop dangereux et les voix me parlent même quand je suis éveillé maintenant...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="decembre-2012-13h15"&gt;
&lt;h2&gt;18 décembre 2012, 13h15&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Grâce aux notes laissées par Emmet et aux voix, j'ai pu découvrir l'entrée du temple secret en appuyant sur un glyphe représentant le soleil...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="decembre-2012-8h16"&gt;
&lt;h2&gt;20 décembre 2012, 8h16&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'ai retrouvé le campement d'Emmet alors que j'explorais le temple secret. Il était dans la salle du puits sacrificiel, entouré de pièges. Ma main a presque été arrachée par l'un d'eux, mais j'ai trouvé du matériel de soin dans ses affaires. Ca me fera un campement parfait pour me protéger de Liam. Je crois Emmet vivant, une des boites de conserve ayant été ouverte très récemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiens ! Maintenant que j'y pense, cela fait plusieurs jours que je n'ai ni mangé,  ni dormi...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="decembre-2012-15h28"&gt;
&lt;h2&gt;20 décembre 2012, 15h28&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les voix m'ont dit où trouver Emmet, et il était là. Encore vivant bien que faible. Il m'a raconté qu'il avait été attrapé par les tentacules d'un Sherasam. Il allait être dévoré lorsque celui-ci fut tué par la piqûre d'un Kolac. Les Kolacs sont les enfants de Kolacathan, des sangsues ailées d'environ un mètre de long dotées d'un dard chargé d'un puissant venin. Emmet a profité que le Kolac était en train de dévorer le gardien pour s'enfuir (bon sang ce que j'ai faim !). Il avait l'Oeil avec lui mais il a refusé de me le donner. Je lui ai dit que je devais le placer sur la statue du dieu sangsue dans la salle du puits sacrificiel afin de nous protéger de Liam et de ses suppôts démoniaques. Mais il a prétendu que cela réveillerait Kolacathan de son sommeil et que ce serait catastrophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il a tort et les voix ont raison, je dois m'emparer de l'Oeil !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class="section" id="decembre-2012-21h12"&gt;
&lt;h2&gt;21 décembre 2012, 21h12&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Liam vient de trouver l'entrée du temple secret ! Il ne me reste que peu de temps pour écrire ces lignes, mais le cristal est à moi et je suis en pleine forme. J'ai fait un bon repas d'Emmet hier soir, les voix avaient raison. De toute façon, il n'avait aucune chance d'en sortir vivant avec ses blessures. J'entends Liam et ses démons dévaler les escaliers, mais le cristal est entre mes mains et je suis sous la statue. Au diable Emmet et ses apocalyptiques avertissements ! Il doit me protéger de Liam. Après tout, je lui ai rapporté son œil. Après tout, je l'ai bien servi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne me reste plus qu'une chose à faire...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
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